Dans la foulée des nombreuses expositions dédiées à la commémoration de mai 68, je vous recommande l’exposition « Figuration Narrative » aux Galeries nationales du Grand Palais. Ce courant artistique est en quelque sorte la transposition du mouvement révolutionnaire soixantuitard dans l’art.
Apparu en 1964 en France suite à l’exposition « Mythologies quotidiennes » organisée au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris par le critique d’art Gassiot-Talabot et les peintres Rancillac et Télémaque, ce mouvement artistique se pose comme une alternative au pur formalisme du pop art mais aussi au manque de prise de position de l’Ecole de Paris. Ainsi les artistes de la Figuration Narrative sont souvent engagés politiquement : à travers « El Caballero Espanol (1970), Eduardo Arroyo critique la grande bourgeoisie espagnole soutenant le régime franquiste en déclin. Les œuvres de ce courant sont également autant de regards portés sur la société d’alors : Hervé Télémaque fait une critique virulente de la société de consommation à travers ses publicités détournées.
Parce que ce mouvement a des sources d’inspiration très diverses (bande dessinée, art classique détourné, publicités, cinéma ou romans policiers), les œuvres exposées ainsi que les styles et origines de leurs auteurs sont vraiment éclectiques. Le parcours est d’autant plus agréable à suivre pour le visiteur. Enfin ce dernier appréciera (ou non) le culot d’artistes tels que Peter Klasen, qui dans « Visage 9 » (1965), reprend le portrait de Mona Lisa, lui fait subir une opération de chirurgie esthétique à coup de rasoir pour la transformer finalement en mannequin pour pub de produit cosmétique. Parce qu’elle le vaut bien ?
Simon Laverne
Exposition « Figuration Narrative », aux Galeries nationales du Grand Palais.
Jusqu’au 13 juillet
http://www.rmn.fr/Figuration-narrative
Illustration : Escale (détail), 1964, Hervé Télémaque
© Adagp Paris 2008 / collection particulière
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