Et non vous ne rêvez pas : la crise comme on l’entend dans le reste du monde n’existe pas en France. Née dans les médias, comme un sujet digne d’un feuilleton d’été que seul un people tabassant sa femme aurait pu éclipser, elle a fini par s’installer dans les têtes.
Et c’est presque plus grave.
Car la population ne sort plus et freine ses dépenses, toute émue à l'écoute du journal de TF1 connu pour raconter un monde que personne ne connait, elle n’en profite même pas pour consommer mieux et plus responsable.
Pour rajouter au cynisme de la situation d’un système qui peine à se réinventer, on la menace de baisser le taux de son livret A pour faire tourner la machine (6000 euros de placement maxi, sympa mais on va quand même pas agiter dans la rue son petit livret jaune)… pas très sérieuse la révolution.
Du coup, les gens attendent que ça leur tombe sur la tête (il paraît que c’est très gaulois), les entrepreneurs en profitent pour écrémer en loucedé (30% d’affaires prudhommales en moins s’il vous plait), on négocie dans les couloirs des palais le prix du travail contre quelques positions pour ceux qui sauront passer la période sans trop en profiter…
Je crois surtout que cet attentisme que je constate tous les jours dans les entreprises françaises (qui finissent par se demander ce qu’elles attendent) est un miroir à la frilosité et un manque d’ouverture aux idées et surtout, aux autres… (parfois juste un manque de temps – on vous en veut pas – ou de culture – à mon avis, plus préoccupant…).
Mais si vous n’engagez pas de vastes réflexions sur les chantiers d’avenir (faut s’y faire 2009 est mort, faut sauter la classe et penser à deux ans), ne dépensez pas votre argent… a quoi passez vous votre temps en ce moment chers annonceurs ??? Nous avons là une belle et tragique opportunité de réinventer nos relations avec nos publics, nos marchés, le sens de nos marques … a quoi servent-elle elles aussi si elles ne défendent aucune valeur ni aucun usage ??