Sans doutes que les difficultés sociales et économiques ne sont pas étrangères au fait que les mexicains redécouvrent leur ville, puisqu'il ne peuvent plus forcément s'en échapper le Week-end. Ici, les salaires tombent tous les 15 jours et la "quinzaine" annonce des encombrements sur les routes d'où on s'échappe de cette ville pas du tout grise et très respirable, malgré une altitude moyenne de 2500m - (certaines voitures ont des altimètres!) -
Et oui, les mexicains ont des problèmes de bouclage de fin de mois deux fois par mois.
Toujours est-il que je vois cette ville évoluer depuis 10 ans, la fin des copètes (cette coiffure avec la frange en rouleau qu'abordait toute mexicaine), des coccinelles (le parc automobile a considérablement évolué avec l'arrivée du crédit), l'arrivée des les coupes de cheveu out of bed, des chaussures à bout carré (disparu depuis, sauf en province), etc, etc.
De nouveaux building en construction partout, hôtels ici, appartement de luxe là, ou encore des bureau. On n'attend plus qu'un quartier s'effondre pour réhabiliter (comme en 85, un quartier resté 10 ans en l'état comme pour rappeler la nature très sismique de cette ville de 27 millions d'habitants promise au chaos par faute d'eau), des leçons d'architecture dont on n'aurait tort de ne pas s'inspirer, notamment pour certains centres commerciaux mi dedans, mi dehors, et dans lesquels on respire autrement mieux, malgré un oxygène raréfié, qu'à Belle Épine ou Bercy 2. Peut-être n'est ce pas un hasard si le magasin locomotive ici est un cinéma plutôt qu'un hypermarché.
Alors puisqu'on me dit que la ville revit, je prend mon hôte au mot, l'oblige à prendre un jour de congé (pas facile lorsqu'on emploie 27000 personnes et d'ailleurs je l'en remercie) et nous voilà parti "revisiter" le quartier où il habite, à savoir la Condessa/Zona Rossa, etc... Parti au pas de charge comme un chef d'entreprise (du mal à suivre, manque d'oxygène), l'allure baisse et l'intérêt grandit pour le charme de ce quartier que lui-même ne considérait plus que comme le lieu où on travaille et où l'on vit la semaine. Maisons coloniales, parc charmant, petites placettes distribuant chaque bout de rue, on y est peu avare de verdure, ce qui est rare à Mexico, faute d'eau. Mon hôte trouve à ce quartier pure style années 30 qui a su résister aux éternelles secousses qui agitent le DF (Districto Federal) et qui a selon lui des allures de Tel Aviv (cliquez ici sur la photo pour accéder à l'album).
On déjeune au très fameux Contramar, restaurant de poissons créé par une mexicaine mariée à un français, ce qui explique sans doute cette déco qui a un faux air d'île de Ré. J'y ai mangé sans doutes le dernier thon rouge de mon existence aux côté du sosie officiel de Nicolas Sarkozy (ci-contre).
Bref, une ville à redécouvrir autrement qu'en transit, dans cette version bobo ou plus simplement, autour des quelques quartiers sympa : Polenco, San Angel, etc...
2 galeries photo : Balade dans la Condessa et Mexico, architecture
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