Vous vous êtes tous réveillés aux accents insupportables de Martine (même sur Nova!), puis essayé d’avaler tant bien que mal vos biscottes au son d’un Philippe qui s’étouffe dans ses glaires et a des déboires avec sa belle mère... C'est bien une pub Leclerc... bienvenue dans votre diner à 7H du mat' !
Pourquoi n’incarne t-on que des prénoms -des bonnes mères au foyer- que pour les campagnes de pub mainstream ? Et pour le Luxe, parce que le prénom réapparait pour le haut de marché en devenant people, aux accents exotique de Naomi ou d’ Inès, qui pourtant était encore il y a 10 ans le prénom présumé d’une bonne femme de ménage.
Et au milieu ? on n’a pas de nom dans la middle class ? la bobotte (popotte bobo) de la classe moyenne se serait-elle désincarnée à la lecture de Elle ? elle pourrait pas s’appeler Ségolène la working girl française, puisque Martine fait ses classes dans les supermarchés de Lille et Chantal dans le Cantal ?
En fait, elle se contente d’être blonde qui enlève le grain de sel au lieu de le ramener, ou l’emballage superflu en restant habillée ; ou Brune qui cuisine les papillotes et les torsades. Je crois que la pub a fini par me faire croire qu’elle était définitivement conne, à faire ses courses dans un distributeur, se nourrissant de Special K et de Kamasutra, du premier benco et du dernier bueno en tapant la causette au Kinder, passant son temps à trouver sur facebook les 44 femmes qui lui ressemblent et pour laquelle est faite sa crème de beauté.
Côté garçon, si vous n’avez pas la chance de conduire une voiture de course en vous rasant, vous vous appellerez toujours Philippe, même dans une saga retraite, puisqu’évidement, même à 60 ans pour vendre des plans sur la commette d’une échéance qui s’allonge, on doit forcément s’attendre à voire un Philippe 3 sur le retour. Bientôt sans doute la pub emboitera le pas du cinéma, Philippe sera un Wolverine aux poils blancs (mais toujours habillé d'une griffe dernier cri), version «au commencement» des origines du plan d’épargne retraite. A moins qu’entre temps, un certain François ne le détrône en faisant de la Pub pour le Gouda, fromage à pâte mole qui se mange d’une main gauche.
C’est à ce moment-là qu’arrivera la Brit’Generation (Britney en américain, Britpop en anglais, ScotchBrit en français, le seul hérisson qui se fait pas retoucher l’éponge), qui aujourd’hui cantonnée aux publicités d’ordinateurs, de vodka et de forfaits mobiles pourra enfin faire tourner autre chose que les têtes et les slips : une bonne vieille machine ou un roulette de caddy. Tandis que les Philippe-François seront devenus de respectables pères de famille, roulant Break sportif, et bricolant de la banquette transformable comme hier des Transformers pour adapter le sitting aux aléas climatiques de la famille recomposée.
Ma boule de Cristal de dit pas, si dans l’histoire de la famille Pub, César ou Réglisse donneront les meilleurs noms aux Labradors, Cajoline aux Sharpeï et... (encore) Martine aux femelles Rotweiller et Nicolas aux petits roquets.
Commentaires