L’affiche dit : "Bonne année dans une capitale où se rencontrent et se respectent les différences". Alors là, c'est clair, Monsieur Delanoë et moi ne vivons pas dans le même Paris. Car on a beau analyser le problème sous tous ses angles, et ça fait un bail que je m'y colle, Paris, avec sa plus belle avenue de fast food du Monde (et les mêmes enseignes qu’à Rosny 2) et ses précieux monuments est bel et bien devenue la capitale mondiale de l'ennui... et sous la mandature Delanoë. Causalité ? Il me prend à penser que oui.
Le parisien est difficile, certes, parce que la ville est une chape de plomb où chaque pas est régi par quelques règlements (Et maintenant des caméras de surveillance). Et pourtant, pris à part, il ne demande qu’à s’échapper, à s’émerveiller, à créer, à partager… et si on lui offrait enfin les clés de la ville ?
Privé de refuges, d'une nuit qui voit jour, où tout le monde dérange tout le monde… Bobos qui investissent les quartiers qui bougent et font fermer les endroits au premier rejeton. Paris qui ne fume pas. Paris qui ne boit plus. Paris qui range tout dans les clous : les piétons, les vélib, les bus, les scooters, les taxis, les fumeurs, les gens en terrasse... Paris flic qui t'attend à la sortie du bar à 2H, pas le choix, pas de tacos ni de métro.
Paris n'est qu'un cadastre. Contraction de cadavre et désastre. La ville se came toutes tranches d'âge confondues pour oublier que le dernier mec qui a inventé le décor historique est mort il y a 150 ans cette année, que Pompidou nous a flanqué Beaugrenelle et Delanoë le Grand Est... comme pour marquer que là encore l'incompréhension de nos politiques à rendre aux habitants leur habitat. Reste qu'à acheter des parcelles parce qu'au final, la ville prétend tout de même valoir 6000 euros le M2.
Paris n'est qu'un musée à ciel ouvert aussi blessant pour l'âme qu'une carrière de gypse au regard, où le Parisien qu’on a privé de jouir d’être un parigot joue de la poussette bélier au pas de course le dimanche aussi sûrement qu'à 17H on range la Mac Laren au paddock.
Alors la faute au politique ? Oui. Parce que faute d'imposer une vision forcément partisane pour servir un peu tout le monde (ce qu'avoue l'affiche), on ne fait que des mécontents. La mandature placée sous le signe du pain et des jeux a jeté de la poudre aux yeux aux Parisiens mais n'a pas réussi à les aveugler. Une nuit blanche qui n’interpellât qu’un an seulement avant de devenir une performance à deux sous qui met en scène davantage le décor que l'art (la politique culturelle sauvée par le 104, la piscine Pailleron, la piscine Pontoise et la Piscine Joséphine Baker si elle flotte encore), ça existe déjà, ça s'appelle les journées du patrimoine. Encore un jour de plus où il faut se terrer chez soi, et une Fête de la musique comme ultime refuge de pouvoir "faire du bruit" plutôt que du buzz et de faire preuve d'initiatives, d'envie, de désir, DE PARTAGE.
Et je vous passe la récente Nuit de la Nuit, on a trouvé une petite place en Novembre dans le planning, histoire que tout de même on ne s'attarde pas trop cloper dehors, parce qu'il doit bien exister un lobby des riverains à qui l'on doit bien servir un peu de soupe.
Et dans cette ministrone, où sont les gamins qui jouent dehors, les putes qui servent mieux un quartier que 100 concierges, les dealers, les allumés, les prédicateurs, les clodos (ah oui, ceux-là ils sont cachés dans le métro, le souterrain qui est l'ultime vision du vrai -et donc un peu triste- Paris la proprette, aussi vrai qu'il y a 1 siècle, la fête était clandé dans les catacombes. Maintenant, elle se joue dans le 8e.
Vive le nouveau trou des halles, la chance de remettre le centre au centre et au ventre, qu'on loupera une fois de plus aussi certainement qu'une verrue en chassant une autre, le projet n'est qu'un ultime décor pour mettre le dynamisme en vitrine, et qui sera sans conteste aussi déroutant que le fut le concours et la concertation. Où est le blème ?
Et que vient faire la politique dans ce blog d'opinion consacré aux marques ? Serait-ce une frustration personnelle d'avoir beaucoup travaillé avec les marques d'alcool, qui privées de parole grâce à la Loi Evin se bougeaient le goulot pour parrainer des initiatives, identifier des acteurs qui épandaient les vibrations.
Sûrement ! Mais aussi parce que le parallèle existe entre la politique et la marketing et qu’on ne peut plus prétendre faire de marketing sans idéal politique. Donc la politique s’invite dans ces colonnes.
Et oui, vive les marques qui ont des convictions, et exit les politiques qui font de la com leur unique langage. Bande de cons-ommateurs que nous sommes, plus aveuglés par la couleur du packaging que la réalité du besoin. Oui, un produit c'est un message, et le politique, un produit. Même plus une marque, rien qu’un produit. Fini de servir tout le monde, le « ventre mou » comme ont dit en statistique, voici venir l’ère des partis pris. Des actes, des preuves, DE LA VIE. Et surtout, pas de "Le Maire c'est moi", parce qu'objectivement, on s'en fout, et qu'il se pourrait bien que la carte d'électeur fasse plus pouvoir de non rachat que le porte monnaie.
Paris pédale aussi sûrement et à contresens que ses vélib. C’est en la montrant à des provinciaux que je constate que je l’aime ; Et comme elle me fait souffrir, je l’engueule. Paris, ressaisis toi. Ton pire ennemi, Erasmus, a mis tes concurrents à moins de 2 heures de tes toutes petites frontières. Moins de temps qu’il n’en faut pour faire le tour de ton périphérique.